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Présentation de Kandl
du mouvement libéllule
au salon comparaison -
ARCACHON Petite galerie "de province" pour grand maître
La galerie Droit de regard a obtenu l'exclusivité des œuvres du peintre surréaliste Lukas Kandl.Monique Bertrand et son mari Jean-Marie Perez dans leur galerie, devant les œuvres de Kandl. PHoto S.M.
Pour la plupart des gens, c'est une petite galerie, nichée boulevard de la Plage. Un endroit parmi tant d'autres. Sauf que sur ses murs s'accrochent les toiles d'un artiste mondialement reconnu et qui, depuis peu, lui a donné son exclusivité. Le maître, c'est Lukas Kandl. La « petite » galerie, Droit de regard. Pour comprendre pourquoi l'un des fers de lance du mouvement surréaliste contemporain (1) a choisi cette adresse arcachonnaise pour le représenter, il faut pousser la porte et tomber nez à nez avec Monique Bertrand, une pétillante septuagénaire.
Faire de l'art à ArcachonMonique Bertrand donne sans compter de son temps et de son énergie. À ses clients comme à ses peintres. Et tissent avec eux une relation quasi affective. Touche-à-tout, elle enseigna les lettres avant de travailler dans l'édition à Perpignan. Vécut trente ans au Maroc et s'installa, il y a dix-neuf ans, à Arcachon avec son mari Jean-Marie Perez avec un seul leitmotiv. « En littérature comme en peinture, tout le monde est apte à rentrer dans l'Histoire », explique celle qui se définit comme œcuménique et qui voit dans l'art un certain espéranto. Pas de discours alambiqué pour présenter une œuvre mais pas « d'Arcachonnades » non plus. « Ici, je veux des rencontres dont on se souvienne. » Monique Bertrand rend tout de suite hommage à Balta et au travail que le peintre et galeriste mort en 1996 avait déjà entamé dans la cité balnéaire. « Il a été le premier à lancer l'idée que l'on pouvait faire de l'art à Arcachon. Il avait le même parcours que le mien et on a travaillé avec le même peintre, Artero. »
Si le carnet d'adresses de Monique Bertrand est déjà bien étoffé lorsqu'elle s'installe à Arcachon, le nom de Kandl ne s'y inscrit que quelques années plus tard. « Je suis un jour chez un ami sculpteur et je vois une toute petite toile. Je lui ai dit : c'est un génie, ce type-là, je veux le connaître. Ce à quoi mon ami me répond que cela sera impossible car, depuis l'âge de 20 ans, le peintre garde toutes ses toiles, conscient d'avoir une œuvre à accomplir. J'avais trouvé le mouton à cinq pattes ! »
Monique Bertrand ira rencontrer Lukas Kandl et ses gigantesques toiles, à Saint-Germain-en-Laye Elle comprend qu'il peut passer deux ans sur un même tableau, posant jusqu'à 20 couches de peinture et utilisant des pigments très anciens. Pour le convaincre de proposer ses toiles à la vente, elle lui propose un marché. « Je lui ai demandé de peindre un bestiaire fantastique. » L'idée, qui peut paraître fantasque, relevait d'une fine analyse psychologique. Kandl a quitté sa Tchécoslovaquie, à l'âge de 20 ans, quand les Russes y sont entrés. Cette déchirure, il l'exprime sur ses toiles, sans concession, donnant à voir des têtes coupées, du sang. L'amener sur le terrain de l'animalité était pour Monique Bertrand une manière de lui faire prendre du recul sur l'humanité.
Clientèle d'émirs, rois, Russes
« En 2000 la CFM Gallery de New-York, qui avait lancé Dali, a contacté Kandl pour lui dire qu'elle avait découvert ses animaux », raconte Monique Bertrand. L'an dernier, une rétrospective du « Bestiaire paradisiaque » a été présentée à Paris.
Sur les 150 toiles présentées, Droit de regard en a écoulé un tiers. Les autres sont revenues à Arcachon et continuent à se vendre auprès d'une clientèle d'habitués. « Kandl prend 20 % par an », résume Monique Bertrand qui, depuis, accueille en ses murs des Russes, des Émirs et des rois. Une très grosse transaction est actuellement en cours. Un des « rois » souhaitant décorer l'un de ses palais avec exclusivement du Kandl. « Les Russes, eux, veulent tout acheter. Ce que nous refusons. » Un projet de fondation est également en cours.
Bref, tant qu'il en est encore temps, il existe un lieu unique où les œuvres de Kandl sont à voir. Avec en prime, une visite guidée de Monique Bertrand qui met en lumière tous les détails que le peintre cabaliste a nichés dans ses tableaux. La suivre sur les pas de Kandl tient du jeu de piste. Durant l'été, la galerie ouvre tous les jours de 15 heures à minuit (2).
(1) Lukas Kandl dirige le groupe fantastique et visionnaire du salon Comparaisons depuis 2002. (2) Galerie Droit de regard : 195, boulevard de la Plage. La galerie est ouverte d'avril à septembre. Tél. 05 56 83 72 51. droitderegard@gmail.com
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Baltran : le nouveau-né de Droit de Regard
La galerie dénicheuse de talents expose Baltran à partir d'aujourd'hui.Après avoir obtenu l'exclusivité du bestiaire de Lukas Kandl (1), la galerie Droit de regard accueille à partir d'aujourd'hui un nouveau venu dans l'univers du surréalisme (2). Il s'agit de Jean-Pierre Baillardan, Baltran, un Bordelais de 50 ans qui, à l'instar des autres peintres exposés dans cette galerie à nulle autre pareille, a fait une rencontre. Celle de Monique Bertrand et de son mari Jean-Marie Perez. Lequel explique avoir vu « cet été ce Monsieur qui faisait les cent pas devant la galerie, comme devant un musée. Je lui ai demandé s'il peignait, il m'a dit oui. Et là j'ai découvert une âme. »
Baltran devant ses toiles exposées à partir d'aujourd'hui à la galerie Droit de Regard. PHoto SABINE MENETPour le couple de galeristes, le talent est une chose mais il ne peut s'exposer, en tout cas chez eux, sans s'accompagner d'une certaine probité, d'un chemin de vie. Et le chemin de Baltran tout comme son état d'esprit le conduisait sur les pas de Kandl.
Influence flamande« J'étais venu à la galerie pour voir son travail », explique le peintre qui depuis vingt-cinq ans conjugue sa passion et un travail alimentaire. Issu de la famille des pâtissiers du fameux cannelé, il explique qu'il a commencé par sculpter le chocolat avant de pouvoir se libérer sur une toile. Influencé par le peintre Balthus, il s'est nourri des œuvres italiennes, vénitiennes, flamandes. Son univers s'est révélé abstrait, figuratif. « Je superpose les couches, prends beaucoup de temps sur un même tableau. » Un autre point commun avec Kandl.
« On a l'art de dénicher les peintres les plus compliqués », explique Monique Bertrand. Et dans une époque où tout va vite, cette forme de résistance n'a pas manqué de susciter son intérêt. « On va lui faire passer le cap, le maintenir dans l'état exceptionnel dans lequel il se trouve », annonce-t-elle. Comprenez : « On va lui permettre de vivre de sa peinture. » Et lorsqu'on sait que tous les peintres exposés à Droit de regard sont devenus professionnels et que surtout la galerie a refusé, depuis le 1er avril, 700 dossiers, ce choix a d'autant plus de force.
Depuis l'obtention de l'exclusivité de Kandl, la galerie est très sollicitée. Pour autant, Monique Bertrand et Jean-Marie Perez restent fidèles à leur leitmotiv. L'artiste, ils le choisissent uniquement s'ils le ressentent. « Avec Baltran, c'est au-delà du coup de foudre. C'est une évidence. Il m'a surprise », résume Monique Bertrand pour qui Baltran explore une terra incognita : le baroque médiéval. Devant ses toiles comme sur les traits du peintre d'ailleurs l'univers de l'enfance explose. Et avec lui de nombreux ponts entre les époques.
(1) Notre édition du 14 août 2011. (2) À partir d'aujourd'hui. En présence du peintre dès 16 heures, au 193 bd de la Plage.
Sudouest Samedi 15 octobre 2011

Baltran : le nouveau-né de Droit de Regard
La galerie dénicheuse de talents expose Baltran à partir d'aujourd'hui.

Pour le couple de galeristes, le talent est une chose mais il ne peut s'exposer, en tout cas chez eux, sans s'accompagner d'une certaine probité, d'un chemin de vie. Et le chemin de Baltran tout comme son état d'esprit le conduisait sur les pas de Kandl.
Influence flamande« J'étais venu à la galerie pour voir son travail », explique le peintre qui depuis vingt-cinq ans conjugue sa passion et un travail alimentaire. Issu de la famille des pâtissiers du fameux cannelé, il explique qu'il a commencé par sculpter le chocolat avant de pouvoir se libérer sur une toile. Influencé par le peintre Balthus, il s'est nourri des œuvres italiennes, vénitiennes, flamandes. Son univers s'est révélé abstrait, figuratif. « Je superpose les couches, prends beaucoup de temps sur un même tableau. » Un autre point commun avec Kandl.
« On a l'art de dénicher les peintres les plus compliqués », explique Monique Bertrand. Et dans une époque où tout va vite, cette forme de résistance n'a pas manqué de susciter son intérêt. « On va lui faire passer le cap, le maintenir dans l'état exceptionnel dans lequel il se trouve », annonce-t-elle. Comprenez : « On va lui permettre de vivre de sa peinture. » Et lorsqu'on sait que tous les peintres exposés à Droit de regard sont devenus professionnels et que surtout la galerie a refusé, depuis le 1er avril, 700 dossiers, ce choix a d'autant plus de force.
Depuis l'obtention de l'exclusivité de Kandl, la galerie est très sollicitée. Pour autant, Monique Bertrand et Jean-Marie Perez restent fidèles à leur leitmotiv. L'artiste, ils le choisissent uniquement s'ils le ressentent. « Avec Baltran, c'est au-delà du coup de foudre. C'est une évidence. Il m'a surprise », résume Monique Bertrand pour qui Baltran explore une terra incognita : le baroque médiéval. Devant ses toiles comme sur les traits du peintre d'ailleurs l'univers de l'enfance explose. Et avec lui de nombreux ponts entre les époques.
(1) Notre édition du 14 août 2011. (2) À partir d'aujourd'hui. En présence du peintre dès 16 heures, au 193 bd de la Plage.
