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Sudouest Samedi 15 octobre 2011

 

Baltran : le nouveau-né de Droit de Regard
La galerie dénicheuse de talents expose Baltran à partir d'aujourd'hui.

Après avoir obtenu l'exclusivité du bestiaire de Lukas Kandl (1), la galerie Droit de regard accueille à partir d'aujourd'hui un nouveau venu dans l'univers du surréalisme (2). Il s'agit de Jean-Pierre Baillardan, Baltran, un Bordelais de 50 ans qui, à l'instar des autres peintres exposés dans cette galerie à nulle autre pareille, a fait une rencontre. Celle de Monique Bertrand et de son mari Jean-Marie Perez. Lequel explique avoir vu « cet été ce Monsieur qui faisait les cent pas devant la galerie, comme devant un musée. Je lui ai demandé s'il peignait, il m'a dit oui. Et là j'ai découvert une âme. »


 Baltran devant ses toiles exposées à partir d'aujourd'hui à la galerie Droit de Regard.  PHoto SABINE MENET

Baltran devant ses toiles exposées à partir d'aujourd'hui à la galerie Droit de Regard. PHoto SABINE MENET

Pour le couple de galeristes, le talent est une chose mais il ne peut s'exposer, en tout cas chez eux, sans s'accompagner d'une certaine probité, d'un chemin de vie. Et le chemin de Baltran tout comme son état d'esprit le conduisait sur les pas de Kandl.

Influence flamande

« J'étais venu à la galerie pour voir son travail », explique le peintre qui depuis vingt-cinq ans conjugue sa passion et un travail alimentaire. Issu de la famille des pâtissiers du fameux cannelé, il explique qu'il a commencé par sculpter le chocolat avant de pouvoir se libérer sur une toile. Influencé par le peintre Balthus, il s'est nourri des œuvres italiennes, vénitiennes, flamandes. Son univers s'est révélé abstrait, figuratif. « Je superpose les couches, prends beaucoup de temps sur un même tableau. » Un autre point commun avec Kandl.

« On a l'art de dénicher les peintres les plus compliqués », explique Monique Bertrand. Et dans une époque où tout va vite, cette forme de résistance n'a pas manqué de susciter son intérêt. « On va lui faire passer le cap, le maintenir dans l'état exceptionnel dans lequel il se trouve », annonce-t-elle. Comprenez : « On va lui permettre de vivre de sa peinture. » Et lorsqu'on sait que tous les peintres exposés à Droit de regard sont devenus professionnels et que surtout la galerie a refusé, depuis le 1er avril, 700 dossiers, ce choix a d'autant plus de force.

Depuis l'obtention de l'exclusivité de Kandl, la galerie est très sollicitée. Pour autant, Monique Bertrand et Jean-Marie Perez restent fidèles à leur leitmotiv. L'artiste, ils le choisissent uniquement s'ils le ressentent. « Avec Baltran, c'est au-delà du coup de foudre. C'est une évidence. Il m'a surprise », résume Monique Bertrand pour qui Baltran explore une terra incognita : le baroque médiéval. Devant ses toiles comme sur les traits du peintre d'ailleurs l'univers de l'enfance explose. Et avec lui de nombreux ponts entre les époques.

(1) Notre édition du 14 août 2011. (2) À partir d'aujourd'hui. En présence du peintre dès 16 heures, au 193 bd de la Plage.

baltran